Jean-Luc
ROTH est graveur de formation. A la traditionnelle gravure en taille douce
vont succéder les bois plâtrés. Mais il lui faut graver.
Il va les graver de signes, de lettres, d'écritures inventées,
de graphismes symbolisant des mots. Des tissus, des sables sont inclus dans
le plâtre créant une matière intemporelle; il leur associe
des papiers de Chine, du Népal ou de soie qu'il maroufle comme une
deuxième peau au support gravé. Des signes, des traces, des
personnages s'écrivent sur ce support idéal. L'huile, l'acrylique,
les pigments, les crayons de couleur, les encres se font plus insidieux. Le
fond, la forme s'harmonisent pour déifier le temps: ce temps qui passe,
qui s'échappe mais qui nous offre ces vestiges retrouvés que
notre mémoire ramène par bribes. D'autres traces où objets
font référence à un passé beaucoup plus proche,
une histoire, un lieu, une rencontre deviennent la trame vivante d'une réalité
où le vécu et les empreintes du temps se mêlent.
Ces peintures sont
comme les pages d'un livre que l'on tourne et les livres objets de Jean-Luc
ROTH reflètent à eux seuls cette archéologique dualité
entre le temps et l'écriture. Mais déjà une page est
en train de se tourner... toute en papier, d'évidence recouverte d'
écritures.